Errance d'une fille cherchant un chemin sur cette Terre pleine de remous.
Le foie gras est devenu un produit illégal... dans certains États des États-Unis comme la Californie. Les lobbies de la protection des animaux ont réussi à faire interdire un produit quasiment symbolique de la gastronomie française.
Si je comprends les motivations des défenseurs des bêtes, j'ai du mal avec les interdictions, de tout façon les habitants vont aller en chercher dans d'autres États et bien souvent, les interdictions donnent lieu à des trafiques (comme pour l'alcool sous la prohibition, ou la drogue de nos jours). Plus on interdit, plus on veut consommer le produit interdit. Comme dans les dessins animés, quand on dit au personnage qui escalade une falaise de "ne pas regarder en bas" et que dans la seconde qui suit, ses yeux se baissent vers le sol et il devient incapable de bouger. C'est la même chose pour les interdits. Dites à un enfant de trois ans, quand vous marchez dans la rue après une averse, de ne pas aller dans jouer dans les flaques, vous pouvez être sûrs qu'il va sauter à pied joint dans la prochaine qu'il aperçoit.
Ce n'est pas non plus que j'adore le foie gras, mais au point de l'interdire, de toute façon, comme je l'ai dit plus haut, les interdictions font naître le désir, le désir de franchir les limites, l'excitation et l'adrénaline de l'illégalité. Enlevez les interdits, il n'y aura plus aucun criminel, ni hors-la-loi
Je ne dis pas qu'il ne faut pas interdire, je dis qu'il ne faut pas interdire tout et n'importe quoi. Beaucoup de californiens ne connaissaient pas le foie gras avant l'annonce de son interdiction, et ont dès-lors commencé à en manger (le fameux regain d'intérêt). Après, c'est sûr, on va nous parler des pauvres oies et des pauvres canards qui sont gavés pour la production du foie, mais est-ce vraiment pire de l'élevage en batterie de nos poulet, de nos dindons ou des boeufs ? Et vous en mangez tous les jours ! Va-t-on tout interdire ? Il vaudrait mieux revoir les méthodes de production, au lieu d'appliquer le fordisme à l'élevage des animaux, les élever à la chaîne le plus vite possible, réduisant leur espace vitale au minimum, peut être devrions-nous penser autrement que profit, profit, profit. Après, c'est clair que ça fera augmenter les prix... et puis, vous me direz qu'un boeuf, élevé en plein air ou dans une batterie, va quand même finir dans nos assiettes. Mais nous ne sommes pas différents d'eux ! On finira notre vie dans une boite en bois, ou dans un crématorium, qu'on croie à l'enfer ou au paradis, on est sûr de mourir un jour, personne n'est immortel. D'ailleurs que la vie serait ennuyeuse sinon ! On n'aurait pas envie de profiter de ce qui n'a pas de fin... Mais je me perds, comme je disais, on mourra tous un jour, mais est-ce pour cette raison que nous nous privons ? Que nous vivrions dans une batterie ?
Je pense qu'avant d'interdire, il faudrait revoir le mode de production, il est inutile de boycotter. Ou alors il faut cesser de se préoccuper de la santé des animaux.
Ils sont beaux les américains de se préoccuper du sort de petites oies alors qu'ils n'ont pas signés le protocole de Kyoto et qu'ils n'ont pas réduit leurs gaz à effet de serre ! On ne peut pas tout faire me direz-vous, soit. Mais autant se préoccuper du plus urgent, ne pensez-vous pas ?
De toute façon on ne vivra jamais dans un monde parfait, et on y a jamais vécu. Je suis pour la liberté, pas pour imposer un modèle qui fonctionne supprimant sa liberté à l'homme, ce serait revenir à des temps anciens et obscurs de notre Histoire. Mais nous ne sommes à l'abri de rien. Pas même d'une guerre... ou de la tyrannie.
La fille aux yeux d'argent.